total climate part 1: the infinitesimal and the mobile
Exposition collective
Mercedes Azpilicueta, Gaëlle Choisne, Evan Ifekoya, Paul Maheke, Josèfa Ntjam, Daniela Ortiz
Nicoletti, Londres
2 juin — 30 juillet 2022
Exposition collective
Mercedes Azpilicueta, Gaëlle Choisne, Evan Ifekoya, Paul Maheke, Josèfa Ntjam, Daniela Ortiz
Nicoletti, Londres
2 juin — 30 juillet 2022
total climate est une exposition en trois parties qui s’intéresse à la relation entre l’histoire coloniale et l’écologie, co-organisée par Gaëlle Choisne, Camille Houzé et Estelle Marois. Présentant le travail d’artistes dont les pratiques évoquent l’imbrication des processus naturels et historiques, total climate montre comment exploitation naturelle, domination culturelle et possession territoriale forment un seul et même geste impérialiste.
Le premier volet, the infinitesimal and the mobile, s’attache à l’étude de la nature et des effets d’un tel enchevêtrement à travers une approche matérielle de l’environnement. L’exposition examine comment les éléments les plus ténus et les plus volatiles conditionnent la réalité telle que nous la vivons — et, inversement, la manière dont les mécanismes historiques, les affects et les traumatismes sont inscrits dans la composition même de l’environnement. Le titre du projet, inspiré par l’universitaire américaine Christina Sharpe, qui définit le racisme non seulement comme une idéologie ou un ensemble d’actions mais comme un « climat total », implique que la colonisation contamine jusqu’aux particules et électrons qui circulent dans le vent et la mer, se stratifiant dans les roches et les sols tout en pénétrant profondément dans le système respiratoire. Certaines œuvres de l’exposition suggèrent que c’est au niveau moléculaire que cette violence peut être déjouée, à l’instar de la notion de « respiration de combat » de Frantz Fanon, qui s’oppose à la pénétration somatique de la violence de l’État colonial. Elles attirent nos sens sur les différentes qualités de la matière (solide, liquide, sonore) tout évoquant leurs dimensions affectives, psychiques et rituelles. D’autres œuvres établissent des parallèles entre les processus moléculaires de division, de coagulation, de prolifération et les micro-organisations qui infiltrent les cellules disparates de la société jusqu’aux organes politiques dominants. Certaines rappellent les stratégies d’État visant à surveiller la composition cellulaire de nos corps pour renforcer le contrôle des frontières ; d’autres imaginent des alliances symbiotiques entre les humains, les animaux et les microbes. Les artistes de total climate élaborent des stratégies de survie concrètes, quotidiennes, pour que les corps subalternes rassemblent leurs énergies, s’affirment et se développent.